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688 Paul Gauguin to Vincent van Gogh. Pont-Aven, on or about Wednesday, 26 September 1888.

metadata
No. 688 (Brieven 1990 694, Complete Letters GAC 32)
From: Paul Gauguin
To: Vincent van Gogh
Date: Pont-Aven, on or about Wednesday, 26 September 1888

Source status
Original manuscript

Location
Amsterdam, Van Gogh Museum, inv. nos. b847 a-d V/1962

Date
In letter 691, written on or about Saturday, 29 September, Vincent told Theo he had received this letter from Gauguin – there was no mention of it on Wednesday, 26 September (letter 689). Assuming that the letter took two days to get from Pont-Aven to Arles and that Vincent would have wanted to tell his brother about it as soon as possible, we have dated the present letter on or about Wednesday, 26 September 1888.

Ongoing topics
Gauguin’s illness (581)
Exchange of portraits with Bernard and Gauguin (680)
Gauguin coming to Arles (602)

Sketch

  1. The vision after the sermon, enclosed sketch (inv. no. b847 d V/1962). Colour notations on the drawing: ‘noir’ (black) on the clothes of the second woman from the left; ‘noir’ on the clothes of the woman on the far right and ‘blanc’ (white) on her cap.

original text
 1r:1
Mon cher Vincent
Je suis bien en retard pour vous répondre:1 que voulez-vous, mon état maladif et chagrin me laisse souvent dans un état de prostration où je me renferme dans l’inaction. Si vous connaissiez ma vie vous comprendriez qu’après avoir tellement lutté (de toutes les façons) je suis en train de prendre haleine et en ce moment je sommeille.– Votre projet d’échange auquel je n’ai pas encore répondu me sourit et je ferai le portrait que vous désirez mais pas encore. Je ne suis pas en état de le faire, attendu que ce n’est pas une copie d’un visage que vous désirez mais un portrait tel que je le comprends.  1v:2 J’observe le petit Bernard et je ne le possède pas encore. Je le ferai peut être de mémoire mais en tous cas ce sera une abstraction.– Peut être demain, je ne sais pas, celà me viendra tout d’un coup. En ce moment il y a une série de beau temps qui nous entraîne tous deux à essayer bien des choses.–
Je viens de faire un tableau religieux très mal fait mais qui m’a interessé à faire et qui me plaît. Je voulais le donner à l’eglise de Pont aven.– Naturellement on n’en veut pas.–
Des bretonnes groupées prient, costumes noir très intense. Les bonnets blancs jaunes très lumineux.  1v:3 Les deux bonnets à droite sont comme des casques monstrueux.– Un pommier traverse la toile, violet sombre, et le feuillage dessiné par masses comme des nuages vert emeraude avec les interstices vert jaune de soleil. Le terrain (vermillon pur). A l’eglise il descend et devient brun rouge.
L’ange est habillé de bleu outremer violent et Jacob vert bouteille. Les ailes de l’ange jaune de chrôme 1 pur.– Les cheveux de l’ange chrôme 2 et les pieds chair orange.–2 Je crois avoir atteint dans les figures une grande simplicité rustique et superstitieuse. Le tout  2r:4 très sévère. La vache sous l’arbre est toute petite par rapport à la verité et se cabre. Pour moi dans ce tableau le paysage et la lutte n’existent que dans l’imagination des gens en prière par suite du sermon, c’est pourquoi il y a contraste entre les gens nature et la lutte dans son paysage non nature et disproportionnée.–
Dans votre lettre vous paraissez fâché de notre paresse au portrait et celà me fait chagrin, les amis ne se fâchent pas (à distance les mots ne peuvent être interpretés dans leur juste valeur).–3
autre chose.– Vous me retournez  2v:5 le poignard dans la plaie quand vous vous efforcez à me prouver qu’il faut venir dans le midi, attendu que je souffre de n’y pas y être en ce moment. Lorsque vous m’avez offert d’y venir avec votre combinaison je vous ai écrit formellement une dernière lettre affirmative, heureux de l’offre de votre frère.–4 Il n’est pas question pour moi de former un atelier dans le Nord puisque chaque jour j’espère une vente qui me ferait sortir d’ici.– Les gens qui me nourrissent ici, le medecin qui m’a soigné, l’ont fait à crédit et ne me retiendraient aucun  2v:6 tableau, aucun vêtement et sont vis à vis de moi parfaits – je ne puis les lâcher sans commettre une mauvaise action qui me troublerait énormément.– Si ils étaient ou riches ou voleurs celà ne me ferait rien.– J’attendrai donc.– Par exemple si ce jour arrivé vous étiez autrement disposé et que vous deviez me dire, Trop tard... .. j’aimerais mieux que vous le fassiez de suite.–
J’ai peur que votre frère qui aime mon talent ne le cote trop haut.– S’il trouvait un amateur ou un spéculateur qui soit tenté par les bas prix, qu’il le fasse.–5 Je suis l’homme des sacrifices et  2r:7 je voudrais bien qu’il comprenne que ce qu’il fera je le trouverai bien fait.–
Le petit Bernard emportera dans peu de temps plusieures toiles de moi à Paris.–6
Laval compte venir me retrouver dans le midi vers le mois de fevrier. Il a trouvé quelqu’un qui lui fera 150f par mois pendant un an.–7
Il me semble maintenant, mon cher Vincent, que vous comptez mal.–8 Je connais les prix du midi; en dehors du restaurant je me charge de faire marcher la maison avec 200f par mois, à nourriture pour trois. J’ai tenu mon ménage et je sais me débrouiller.–  3r:8 À plus forte raison à quatre. Quant au logement; en dehors de la vôtre, Laval et Bernard pourraient avoir une petite chambre meublée à proximité.– J’aime bien la disposition de votre maison rêvée et l’eau m’en vient à la bouche de la voir.–
Enfin! je ne veux plus autant que possible penser au fruit promis. Attendre des jours meilleurs à moins que je ne sois debarrassé de cette sale existence qui en dehors du travail me pèse si horriblement.

Cordialement à vous
P. Gauguin

 4r:9
[sketch A]
translation
 1r:1
My dear Vincent
I’m very late in replying to you;1 but what can I say, my sickly state and my worries often leave me in a state of prostration, in which I sink into inaction. If you were familiar with my life you would understand that after having struggled so much (in every way) I’m in the process of drawing breath, and at the moment I’m lying dormant. Your idea for an exchange, to which I haven’t yet replied, appeals to me, and I’ll do the portrait you want, but not yet. I’m not in a fit state to do it, seeing that it’s not a copy of a face that you want, but a portrait as I understand it.  1v:2 I’m studying young Bernard, and I don’t have him yet. I shall perhaps do it from memory, but in any case it will be an abstraction. Perhaps tomorrow, I don’t know, it will come to me all at once. At the moment there’s a spell of fine weather which is leading us both to try lots of things.
I’ve just done a religious painting, very badly done, but which was interesting to do, and which I like. I wanted to give it to the church at Pont-Aven. They don’t want it, of course.
Breton women, grouped together, are praying; costumes very intense black. The yellow-white bonnets very luminous.  1v:3 The two bonnets on the right are like monstrous helmets. An apple tree goes across the canvas: dark purple, and the foliage drawn in masses like emerald green clouds, with yellow-green interstices of sunlight. The earth (pure vermilion). At the church it goes down and becomes red brown.
The angel is dressed in violent ultramarine blue, and Jacob in bottle green. The angel’s wings pure no. 1 chrome yellow. The angel’s hair no. 2 chrome, and the feet flesh-orange.2 I believe I’ve achieved a great rustic and superstitious simplicity in the figures. The whole  2r:4 very severe. The cow under the tree is tiny by comparison with reality, and is prancing. For me, the landscape and the wrestling exist only in the imagination of the people at prayer after the sermon; that’s why there’s a contrast between the real people and the wrestling in its landscape, not real and out of proportion.
In your letter you seem angry at our laziness about the portrait, and that pains me; friends don’t get angry with each other (at a distance, words cannot be interpreted at their true value).3
Another thing. You turn  2v:5 the dagger in the wound when you do all you can to prove to me that I must come to the south, given that I’m suffering on account of not being there at this moment. When you suggested that I go there as part of your partnership I categorically wrote you a last letter in the affirmative, happy at your brother’s offer.4 There’s no question for me of creating a studio in the north, since every day I hope for a sale that will allow me to leave here. The people who are feeding me here, the doctor who treated me, did it on credit and wouldn’t hold back a single  2v:6 painting, a single piece of clothing, and are faultless towards me — I can’t leave them without committing a bad deed that would trouble me enormously. If they were either rich or thieves, it would mean nothing to me. So I shall wait. On the other hand, if when the day came you were otherwise disposed, and you had to say to me, Too late..... I’d prefer that you did it right away.
I’m fearful that your brother, who likes my talent, rates it too highly. If he found a collector or speculator who was tempted by low prices, let him do it.5 I’m a man of sacrifices, and  2r:7 I’d like him to understand that whatever he does, I’ll find it well done.
Young Bernard will shortly be taking several canvases of mine to Paris.6
Laval expects to come and find me in the south towards the month of February. He’s found someone who’ll pay him 150 francs a month for a year.7
It appears to me now, my dear Vincent, that you’re getting your sums wrong.8 I know the prices in the south; aside from the restaurant, I undertake to keep the household going on 200 francs a month, with food for three. I have kept house, and I know how to get by.  3r:8 All the more so with four. As far as accommodation goes; apart from yours, Laval and Bernard could have a small furnished room nearby. I like the way you picture your house and its arrangement, and my mouth is watering to see it.
Ah well! As far as possible I don’t want to think any more about the promised fruit. Waiting for better times, unless I’m released from this lousy existence, which, aside from work, weighs on me so horribly.

Cordially yours,
P. Gauguin
 4r:9
[sketch A]
notes
1. Vincent had written to Gauguin shortly before 11 September, as emerges from letter 680 to Theo.
2. Paul Gauguin, The vision after the sermon, 1888 (W308/W245) (Edinburgh, National Galleries of Scotland). Ill. 118 . In 1904 Bernard recounted how Gauguin had offered the painting to the priest of the church in Névez, a village not far from Pont-Aven: ‘Then the priest asked about the subject matter and declared it to be non-religious. If only it clearly portrayed the famous struggle! but those enormous bonnets and peasants’ backs filling the canvas, and the principal subject being reduced, in the distance, to such insignificant proportions!! ...That was not possible, he would be reprimanded...’ (Alors le prêtre questionna sur le sujet, le déclara d’interprétation non religieuse. Si encore cela représentait franchement la fameuse lutte! mais ces énormes bonnets, ces dos de paysannes remplissant la toile, et la chose capitale réduite, au loin, à des proportions si insignifiantes!!... Ce n’était pas possible, on le blâmerait...) See Bernard 1994, vol. 1, p. 78. ‘Chrome yellow 1, 2 and 3’ refer to ‘lemon’, ‘yellow’ and ‘orange’ respectively. For a comprehensive study of this painting see Gauguin’s vision. Belinda Thomson, with Frances Fowle and Lesley Stevenson. Exhib. cat. Edinburgh (National Galleries of Scotland), 2005. Edinburgh 2005.
3. As far as we know, Van Gogh had not written to Gauguin since about 11 September (see n. 1 above). Gauguin must be referring here to Van Gogh’s letter 684 to Bernard, written between Wednesday, 19 and Tuesday, 25 September, in which he reacted to the latter’s refusal to paint Gauguin’s portrait.
4. This letter, which has not survived, was mentioned in letter 635.
5. Van Gogh took a contrary view, as we can also see from a crossed-out scrap of writing on the back of a sketch that he enclosed with letter 693 to Eugène Boch (RM16); the words were addressed to Gauguin. See Jansen et al. 2000.
6. See letter 704, n. 1, for the paintings Bernard took with him to Paris.
7. Laval may have received financial support from Albert Dauprat (see letter 623, n. 4). See Correspondance Gauguin 1984, p. 232.
8. Van Gogh had written to Bernard about the cost of living in Arles in letter 684.