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800 To Theo van Gogh. Saint-Rémy-de-Provence, Thursday, 5 and Friday, 6 September 1889.

metadata
No. 800 (Brieven 1990 801, Complete Letters 604)
From: Vincent van Gogh
To: Theo van Gogh
Date: Saint-Rémy-de-Provence, Thursday, 5 and Friday, 6 September 1889

Source status
Original manuscript

Location
Amsterdam, Van Gogh Museum, inv. nos. b652 a-d V/1962

Date
Van Gogh says that he has not been out of doors for six weeks (i.e. since his breakdown on 16 or 17 July), so the letter must date from the first week of September. He has not yet received Theo’s letter of 5 September (799). The length of the letter, combined with the progress he says he is making in his work, leads us to assume that Van Gogh wrote the letter over the course of two days: he says, for example (l. 103 ff.) that he is working on the painting of the reaper, whereas later in the letter (l. 314) it appears to be finished. Taking this into account, we have dated the letter to Thursday, 5 and Friday, 6 September 1889.

Ongoing topics
Entry for the Les Vingt exhibition in Brussels (792)
First attack in Saint-Rémy (793)

Sketch

  1. Brush (F - / JH -), letter sketch

original text
 1r:1
Mon cher frère,
tout en t’ayant déjà écrit il reste bien des chôses que tu m’as dites & auquelles je n’ai pas encore répondu. d’abord que tu aies loué une chambre dans la maison de Tanguy & que mes toiles sont là, c’est fort intéressant – pourvu que ce ne soit pas cher que tu la payes1 – les frais continuant toujours et les toiles tardant toujours à rapporter, cela m’effraye souvent.–
Quoi qu’il en soit je trouve que c’est une très bonne mesure et je t’en remercie comme de tant d’autres chôses.– C’est curieux que Maus aie l’idée d’inviter le petit Bernard & moi pour prochaine exposition des Vingtistes, je voudrais bien y exposer tout en sentant mon infériorité à côté de tant de Belges qui ont énormement du talent. Ainsi ce Mellery est un grand artiste. Et il se tient aussi depuis déjà nombre d’années. mais je ferais de mon mieux pour tâcher de faire cet automne quelque chôse de bon. Je travaille d’arrache pied dans ma chambre ce qui me fait du bien et chasse à ce que je m’imagine ces idées abnormales.
Ainsi j’ai refait la toile de la chambre à coucher.2 Cette étude-là est certes une des meilleures – tôt ou tard il faut carrément la rentoiler.–3 Elle a été peinte si vite et a séché de façon que, l’essence s’évaporant tout de suite, la peinture ne s’est pas du tout collé ferme sur la toile. Cela sera le cas pour d’autres études de moi aussi qui ont été peintes très vite et en pleine pâte. D’ailleurs après quelque temps cette toile mince s’en va et ne peut supporter beaucoup de pâte.
Tu as pris d’excellents chassis, sacrématin si j’en avais ici de comme çà pour travailler ca vaudrait mieux que ces lattes d’ici qui se courbent au soleil.
On dit – et je le crois fort volontiers – qu’il est difficile de se connaitre soi-même – mais il n’est pas aisé non plus de se peindre soi-même. Ainsi je travaille à deux portraits de moi dans ce moment – faute d’autre modèle –  1v:2 parcequ’il est plus que temps que je fasse un peu de figure. l’un je l’ai commencé le premier jour que je me suis levé, j’étais maigre, pâle comme un diable. C’est bleu violet foncé et la tête blanchâtre avec des cheveux jaunes donc un effet de couleur.4
mais depuis j’en ai recommencé un de troisquarts sur fond clair.5
Puis je retouche des études de cet été – enfin je travaille du matin jusqu’au soir.
Est ce que tu vas bien – bigre je voudrais bien pour toi que tu fusses 2 ans plus loin et que ces premiers temps de mariage, quelque beau que ce soit par moments, fussent derriere le dos. Je crois si fermement qu’un mariage devient surtout bon à la longue et qu’alors on se refait le tempérament. Prends donc les chôses avec un certain flegme du nord et soignez vous bien tous les deux. Cette sacré vie dans les beaux arts est éreintante à ce qui parait.
Les forces me reviennent de jour en jour et il me parait de nouveau que j’en ai déjà de trop presque. Car pour rester assidu au chevalet il n’est pas nécessaire d’être un hercule.
Cela m’a fait beaucoup penser à des peintres belges de ces jours ci et durant ma maladie, que tu me disais que Maus avait été voir mes toiles. Alors des souvenirs me viennent comme une avalanche et je cherche à me reconstruire toute cette école d’artistes modernes flamands jusqu’à en avoir le mal du pays comme un Suisse.6
Ce qui n’est pas bien car notre chemin est – en avant – et retourner sur ses pas c’est défendu et impossible. C. à dire on pourrait y penser sans s’abimer dans le passé d’une nostalgie trop melancolique.
 1v:3
Enfin Henri Conscience est un écrivain pas du tout parfait mais par ci par là, un peu partout, quel peintre! et quelle bonté dans ce qu’il a dit et voulu. J’ai tout le temps dans la tête une préface – (celle du conscrit) d’un de ses livres où il dit avoir été très malade et que dans sa maladie malgré tous ses efforts il avait senti s’évanouir son affection pour les hommes et que par de longues promenades en plein champs ses sentiments d’amour lui etaient revenus.–7
Cette fatalité de la souffrance et du désespoir – enfin me voilà encore remonté pour une période – j’en dis merci.
Je t’écris cette lettre peu à peu dans des intervalles quand je suis las de peindre.– Le travail va assez bien – je lutte avec une toile commencée quelques jours avant mon indisposition. Un faucheur, l’étude est toute jaune, terriblement empâtée mais le motif était beau et simple.8 J’y vis alors dans ce faucheur – vague figure qui lutte comme un diable en pleine chaleur pour venir à bout de sa besogne – j’y vis alors l’image de la mort, dans ce sens que l’humanité serait le blé qu’on fauche. C’est donc si tu veux l’opposition de ce semeur que j’avais essayé auparavant.9 Mais dans cette mort rien de triste, cela se passe en pleine lumière avec un soleil qui inonde tout d’une lumière d’or fin. Bon m’y revoila, je ne lâche pourtant pas prise et sur une nouvelle toile je cherche de nouveau.10 Ah, je croirais presque que j’ai une nouvelle periode de clair devant moi.–
Et que faire – continuer pendant ces mois-là ici ou changer – je ne sais.– C’est que les crises lorsqu’elles se présentent ne sont guere drôles, et risquer d’avoir une attaque comme cela avec toi ou d’autres c’est grave.
 1r:4
mon cher frère – c’est toujours entre temps du travail que je t’écris – je laboure comme un vrai possédé, j’ai une fureur sourde de travail plus que jamais et je crois que ça contribuera à me guérir.
Peut-être m’arrivera-t-il une chôse comme celle dont parle Eug. Delacroix – “j’ai trouvé la peinture lorsque je n’avais plus ni dents ni soufle”,11 dans ce sens que ma triste maladie me fait travailler avec une fureur sourde – très lentement – mais du matin au soir sans lâcher – et – c’est probablement le secret – travailler longtemps et lentement. Qu’en sais je mais je crois que j’ai une ou deux toiles en train pas trop mal, d’abord le faucheur dans les blés jaunes et le portrait sur fond clair. Ce sera pour les Vingtistes si toutefois ils se souviennent de moi au moment donné, or ce me serait absolument égal sinon préférable qu’ils m’oublient.
Puisque moi je n’oublie pas l’inspiration que cela me donne de me laisser aller aux souvenir de certains belges. C’est là le positif et le reste tellement secondaire.
Et nous voilà déjà en Septembre, vite nous serons en plein automne et puis l’hiver.
Je continuerai à travailler très raide et puis si vers Noel la crise revient nous verrons, et cela passé alors je n’y verrais pas d’inconvénient à envoyer à tous les diables l’administration d’ici et de revenir dans le nord pour plus ou moins longtemps. Quitter maintenant, alors que je juge probable une nouvelle crise en hiver c. à. d. dans 3 mois, serait peutêtre trop imprudent.
Il y a 6 semaines que je n’ai pas mis le pied dehors, même pas dans le jardin. semaine prochaine lorsque j’aurai fini les toiles en train je vais cependant essayer.
Mais encore quelques mois et je serai à tel point avachi et hébété qu’un changement fera probablement beaucoup de bien.
Cela c’est provisoirement mon idée là-dessus, bien entendu c’est pas une idée fixe.
Mais suis d’avis qu’il ne faut pas plus se gêner avec les gens de cet établissement qu’avec des propriétaires d’hôtel. On leur a loué une chambre pour autant de temps et ils se font bien payer pour ce qu’ils donnent et voilà absolument tout.–
Sans compter que peutêtre ils ne demanderaient pas mieux qu’un état chronique de la chôse et on serait coupablement bête si on donnait là-dedans.
Ils s’informent beaucoup trop à mon goût de ce que non seulement moi mais toi gagnent &c.
Ainsi y poser un lapin.– sans se brouiller.–
 2r:5
Je continue encore cette lettre entre temps. hier j’ai commencé le portrait du surveillant en chef et peut-être je ferai aussi sa femme car il est marié et demeure dans un petit mas à quelques pas de l’établissement.12
Une figure fort interessante. il y a une belle eau forte de Legros représentant un vieux noble espagnol, si tu t’en rappelles cela te donnera une idée du type.13 Il a été à l’hospice de Marseille pendant 2 epoques de cholera,14 enfin c’est un homme qui a énormement vu mourir et souffrir et il y a dans son visage je ne sais quel recueillement, tel, que la figure de Guizot – car il y a de cela dans cette tête – mais différent – me vient involontairement à la memoire. Mais lui est du peuple et plus simple. Enfin tu verras si je le réussis et si j’en fais une répétition.
Je lutte de toute mon énergie pour maitriser mon travail, me disant que si je gagne cela ce sera le meilleur paratonnerre pour la maladie. Je me ménage beaucoup en m’enfermant soigneusement, c’est égoiste si tu veux de ne pas plutôt m’habituer à mes compagnons d’infortune ici et d’aller les voir mais enfin je ne m’en trouve pas mal car mon travail est en progrès et de cela nous en avons besoin car il est plus que nécessaire que je fasse mieux qu’auparavant ce qui n’était pas suffisant.
Ne vaut-il pas mieux que si tot ou tard je reviendrais encore d’ici, j’en revienne décidemment capable de faire un portrait qui ait quelque caractère, que de revenir comme je suis parti. C’est grossierement exprimé car je sens bien qu’on ne peut pas dire “je sais faire un portrait” sans dire un mensonge, parceque cela est infini. Mais enfin tu comprendras ce que je veux dire, qu’il faut que je fasse mieux qu’auparavant.
Actuellement la pensée marche regulierement et je me sens absolument normal – et si je raisonne à present de mon état avec l’espérance d’avoir en general entre les crises – si malheureusement il est à craindre que cela reviendra toujours de temps en temps – d’avoir entre temps des periodes de clarté et de travail – si je raisonne  2v:6 à présent de mon état alors certes je me dis qu’il ne faut pas que j’aie l’idée fixe d’être malade. mais qu’il faut continuer ma petite carriere de peintre fermement. Dès lors de rester dès maintenant pour de bon dans un asile serait probablement exagerer les chôses.
Je lisais encore dans le Figaro il y a quelques jours une histoire d’écrivain russe qui a vecu avec une maladie nerveuse dont il est mort tristement d’ailleurs, qui lui causait des attaques terribles de temps à autre.
Et qu’y peut on, il n’y a pas de remède ou s’il y en a c’est de travailler avec ardeur.15 Je m’appesantis là-dessus plus qu’il ne faut. Et j’aime en somme mieux avoir ainsi carrement une maladie que d’être comme j’etais à Paris alors que cela couvait.
Aussi tu verras ceci quand tu mettras le portrait sur fond clair que je viens de terminer à côté de ceux que j’ai fait de moi à Paris, qu’à present j’ai l’air plus sain qu’alors et même beaucoup.16
Je suis même porté à croire que le portrait te dira mieux que ma lettre comment je vais et que cela te rassurera – il m’a couté du mal.
Et puis le faucheur marche je crois aussi – c’est tres très simple.
Fin du mois tu peux compter sur 12 toiles de 30 j’ose dire17 mais il y aura deux fois les mêmes à peu près, l’etude et le tableau définitif.18
Enfin plus tard – peutêtre que mon voyage dans le midi portera des fruits pourtant car la différence de la lumière plus forte, du ciel bleu, cela apprend à voir et alors surtout et seulement même, quand on voit cela longtemps.
Le nord me paraitra certes tout à fait nouveau mais j’ai tellement regardé les chôses que je m’y suis fortement attaché, et il m’en  2v:7 restera de la mélancolie longtemps.
Je pense à une drole de chôse.– Dans Manette Salomon on discute l’art moderne et je ne sais quel artiste parlant de “ce qui restera” dit: ce qui restera c’est “les paysagistes”19 – cela a été un peu vrai car Corot, Daubigny, Dupré, Rousseau – Millet en tant que paysagiste, ça dure et lorsque Corot dit sur son lit de mort: j’ai vu en rève des paysages avec des ciels tout rose, c’etait charmant;20 alors – très bien – dans Monet, Pissarro, Renoir nous les voyons ces ciels tout roses, ainsi les paysagistes cela reste très bien, cela a été bigrement vrai.– Laissons de côté la figure de Delacroix, de Millet.–
Après, actuellement qu’est ce que nous commençons timidement à entrevoir d’original et de durable – le portrait. c’est du vieux ça, peut-on dire – mais c’est aussi très-neuf. Nous causerons encore de cela – mais continuons toujours à rechercher des portraits, surtout d’artistes, tel le Guillaumin et le portrait de jeune fille de Guillaumin21 et garde bien mon portrait par Russell auquel je tiens tant.22
As tu encadré le portrait de Laval, tu ne m’as pas dit ce qu’il t’en semblait je crois, je trouvais cela epatant le regard à travers le lorgnon, regard si franc.23
La volonté que j’ai de faire du portrait de ces jours ci est terriblement tendu, enfin Gauguin et moi nous causions de cela et d’autres questions analogues de facon à nous tendre les nerfs jusqu’à l’extinction de toute chaleur vitale.
mais de cela il doit pourtant surgir quelques bons tableaux j’ose croire et nous les cherchons et ils doivent à ce que je m’imagine faire du bon travail en Bretagne. J’ai recu une lettre de G., je crois deja te l’avoir dit24 et je suis très curieux de voir un jour ce qu’ils font.
 2r:8
Je dois te demander les articles de peinture suivants.

    10 mètres toile
Grands  tubes  tubes  blanc de zinc
,, ,, 2 ,, vert d’emeraude
    2 ,, cobalt
Petits tubes      
    2 Carmin
    1 vermillon
1 Grand tube laque ordinaire
6 pinceaux Putois,25 poil noir

[sketch A]
Puis j’ai promis au surveillant d’ici un N° du Monde illustré, N° 1684, 6 Juillet 1889, où il y a une gravure très-jolie d’après Dumont Breton.26
Ouf – le faucheur est terminé, je crois que ca en sera un que tu mettras chez toi – c’est une image de la mort tel que nous en parle le grand livre de la nature27 – mais ce que j’ai cherché c’est le “presqu’en souriant.–”28 C’est tout jaune sauf une ligne de collines violettes – d’un jaune pâle et blond. Je trouve ça drôle moi que j’aie vu ainsi à travers les barreaux de fer d’un cabanon.
Eh bien sais tu ce que j’espère une fois que je me mets à avoir de l’espoir, c’est que la famille soit pour toi ce qu’est pour moi la nature, les mottes de terre, l’herbe, le blé jaune, le paysan. C. à. d. que tu trouves dans ton amour pour les gens de quoi non seulement travailler mais de quoi te consoler et te refaire alors qu’on en a besoin. Ainsi je t’en prie, ne te laisse pas trop ereinter par les affaires mais soignez vous bien tous les deux – peutêtre dans un avenir pas trop éloigné il y a encore du bon.
 3r:9
j’ai bien envie de refaire le faucheur encore une fois pour la mère sinon je lui ferai un autre tableau pour sa fête,29 cela viendra plus tard car je l’enverrai avec le reste.
Car je suis persuadé que la mère le comprendrait – car c’est en effet aussi simple qu’une de ces gravures sur bois grossières qu’on trouve dans les almanachs de campagne.
Envoie moi la toile dès que tu pourras car si je veux encore faire d’autres repetitions pour les soeurs aussi et si j’entreprends de nouveaux effets d’automne j’aurai de quoi remplir mon temps d’un bout à l’autre pour ce mois ci.
Je mange et je bois comme un loup à present. Je dois dire que le médecin30 est tres bienveillant à mon égard.
 3v:10
oui, je crois que c’est une bonne idée d’aller faire quelques tableaux pour la Hollande, pour la mère et les deux soeurs ça fera trois c. à. d. le faucheur, la chambre à coucher, les oliviers, champ de blé et cyprès, cela fera quatre même car alors j’ai encore une autre personne pour qui j’en ferai un aussi.31 Je travaillerai à cela avec autant de plaisir et plus de calme que pour les Vingtistes, c’est entendu, puisque je me sens de la force sois sûr que je vais chercher à en abattre du travail. Je prends les meilleurs qu’il y ait dans 12 motifs donc ils auront toujours des chôses un peu etudiées et choisies. Et puis il y a du bon de travailler pour les gens qui ne savent pas ce que c’est qu’un tableau.
Bonne poignée de main à toi et à Jo.

t. à t.
Vincent

 4r:11
J’ouvre encore une fois cette lettre pour te dire que je viens de voir M. Peyron, je ne l’avais pas vu depuis 6 jours. Il me dit que ce mois ci il compte aller à Paris et qu’il te verra alors. Cela me fait plaisir car il a, c’est incontestable, beaucoup d’expérience et je crois qu’il te dira ce qu’il en pense assez franchement.–
A moi il m’a seulement dit – “espérons que cela ne reviendra pas” mais enfin moi je compte que cela reviendra pendant assez longtemps, au moins quelques années. Mais j’y compte aussi que le travail, loin de m’être impossible, entre temps peut aller son train et même est mon remède. Et alors je dis encore une fois – mettant le médecin M. Peyron hors de cause absolument – que vis à vis de l’administration d’ici il faut probablement être poli, mais qu’il faut se borner à cela mais s’engager à rien.
C’est très grave que partout ici où je demeurerais un peu longtemps j’aurais peutêtre affaire à des préjugés populaires – j’ignore même quels sont ces préjuges – qui me rendraient la vie avec eux insupportable.
Mais enfin j’attends ce que M. Peyron te dira, je n’ai moi aucune idée de son opinion. J’ai travaillé cette après midi au portrait du surveillant, qui avance. Si ce n’était très temperé – tout à fait – par un regard intelligent et une expression de bonté ce serait un vrai oiseau de proie: C’est bien un type du midi.
Je suis curieux si cette fois ci le voyage projeté de M. Peyron se réalisera en effet, je suis tres curieux de savoir ce qui puisse en résulter.
 4v:12
avec encore une année de travail peutêtre arriverai je à une sureté de moi au point de vue artistique. Et c’est toujours quelque chose qu’il vaut la peine de rechercher.
Mais là il faut que j’aie de la chance. Ce que je rêve dans mes meilleurs moments ce ne sont pas tant des effets de couleur éclatante que encore une fois les demi tons.
Et certes la visite au musee de Montpellier a contribué à donner cette tournure à mes idées. Car ce qui me touchait là davantage que les magnifiques Courbet qui sont des merveilles, les demoiselles de village, la fileuse endormie32 – c’etaient les portraits de Brias par Delacroix et par Ricard33 puis le Daniel,34 les odalisques de Delacroix, tous en demi tons. Car ces odalisques sont tout autre chose que celles du Louvre.35 C’est violacé surtout.
Mais dans ces demi tons quel choix et quelle qualité.
Il est temps que je fasse partir enfin cette lettre – je pourrais te dire en deux pages ce qu’elle contient c. à d. rien de neuf. mais enfin je n’ai pas le temps de la refaire.
Bonne poignée de main encore une fois et si ça ne te dérange pas trop fais moi avoir la toile aussitot possible.

t. à t.
V.

translation
 1r:1
My dear brother,
Although I’ve already written to you, there are still many things you have told me and to which I haven’t yet replied. First that you’ve rented a room in Tanguy’s house and that my canvases are there, that’s most interesting – provided you’re not paying a lot for it1 – the expenses still continuing and the canvases still taking their time to bring anything back in, that often frightens me.
Be that as it may, I think it’s a very good step, and I thank you for it, as for so many other things. It’s curious that Maus has the idea of inviting young Bernard and me for the next Vingtistes exhibition, I would really like to exhibit there, while feeling my inferiority alongside so many Belgians who have an enormous amount of talent. That Mellery, for instance, is a great artist. And he’s also been holding up for a number of years now. But I would do my best to try to do something good this autumn. I’m working non-stop in my room, which is doing me good and driving away, I imagine, these abnormal ideas.
Thus I’ve redone the canvas of the Bedroom.2 That study is certainly one of the best – sooner or later it will definitely have to be lined.3 It was painted so quickly and dried in such a way that, as the thinner evaporated immediately, the painting doesn’t adhere at all firmly to the canvas. This will also be the case with other studies of mine that were painted very quickly and with a thick impasto. Besides, this thin canvas perishes after a while and can’t take a lot of impasto.
You’ve taken some excellent stretching frames, damn it, if I had some like that here to work on that would be better than these strips of wood from here that warp in the sun.
People say – and I’m quite willing to believe it – that it’s difficult to know oneself – but it’s not easy to paint oneself either. Thus I’m working on two portraits of myself at the moment – for want of another model –  1v:2 because it’s more than time that I did a bit of figure work. One I began the first day I got up, I was thin, pale as a devil. It’s dark violet blue and the head whiteish with yellow hair, thus a colour effect.4
But since then I’ve started another one, three-quarter length on a light background.5
Then I’m retouching some studies from this summer – anyway I’m working from morning till night.
Are you well – darn it, I really wish for you that you were 2 years further on, and that these early days of marriage, however beautiful they may be at times, were behind you. I believe so firmly that a marriage becomes good above all in the long run, and that then one recovers one’s temperament. So take things with a certain northern phlegm and take care of yourselves, both of you. This bloody life in the fine arts is exhausting, so it seems.
Strength is coming back to me day by day, and once again it seems to me that I already have almost too much of it. For to remain hard-working at the easel it isn’t necessary to be a Hercules.
What you told me about Maus having been to see my canvases has made me think a lot about Belgian painters lately and during my illness. Then memories come to me like an avalanche, and I try to rebuild for myself that whole school of modern Flemish artists to the point of being as homesick as a Swiss.6
Which isn’t good, for our path is – onward – and retracing one’s steps is forbidden and impossible. That’s to say that one could think about it without getting lost in the past through an over-melancholy nostalgia.  1v:3
Anyway, Henri Conscience isn’t a perfect writer at all, but here and there, more or less everywhere, what a painter! And what kindness in what he said and wished for. All the time I have a preface in my head – (the one to Le conscrit) to one of his books in which he says that he’d been very ill and that in his illness, despite all his efforts, he had felt his affection for mankind withering away, and that long walks out in the open fields brought his feelings of love back to him.7
This inevitability of suffering and despair – anyway, here I am again, recovered for a period – I’m thankful for it.
I’m writing you this letter bit by bit in intervals when I’m tired of painting. Work is going quite well – I’m struggling with a canvas begun a few days before my indisposition. A reaper, the study is all yellow, terribly thickly impasted, but the subject was beautiful and simple.8 I then saw in this reaper – a vague figure struggling like a devil in the full heat of the day to reach the end of his toil – I then saw the image of death in it, in this sense that humanity would be the wheat being reaped. So if you like it’s the opposite of that Sower I tried before.9 But in this death nothing sad, it takes place in broad daylight with a sun that floods everything with a light of fine gold. Good, here I am again, however I’m not letting go, and I’m trying again on a new canvas.10 Ah, I could almost believe that I have a new period of clarity ahead of me.
And what should I do – continue here for these months, or move – I don’t know. The thing is, when the crises present themselves they aren’t amusing, and to risk having an attack like that with you or others is serious.  1r:4
My dear brother – I’m still writing to you between bouts of work – I’m ploughing on like a man possessed, more than ever I have a pent-up fury for work, and I think that this will contribute to curing me.
Perhaps something will happen to me like the thing E. Delacroix speaks of – “I found painting when I had neither teeth nor breath left”,11 in this sense that my sad illness makes me work with a pent-up fury – very slowly – but from morning till night without respite – and – this is probably the secret – work for a long time and slowly. What do I know about it, but I think that I have one or two canvases on the go that aren’t too bad, first the reaper in the yellow wheat, and the portrait on a light background. This will be for the Vingtistes, if indeed they remember me when the time comes. Now, it would be absolutely the same to me, if not preferable, if they forget me.
Since I myself don’t forget the inspiration that I gain from giving free rein to my memories of certain Belgians. That’s the positive thing, and the rest is so secondary.
And here we are in September already, we’ll soon be in the middle of autumn, and then winter.
I’ll carry on working very hard, and then if the crisis returns towards Christmas we’ll see, and once that’s over then I wouldn’t see any disadvantage in sending the management here to all the devils and coming back to the north for a fairly long time. Leaving now would perhaps be too unwise, when I consider a new crisis likely in the winter, i.e. in 3 months.
I haven’t set a foot outside for 6 weeks, not even in the garden. I’ll try, though, next week, when I’ve finished the canvases in progress.
But another few months and I’ll be so flabby and stupefied that a change will probably do a lot of good.
That, for the moment, is my idea on the subject, of course it isn’t a fixed idea.
But am of the opinion that we shouldn’t put ourselves out any more with the people of this establishment than with the owners of a hotel. We’ve rented a room from them for a certain amount of time, and they’re well paid for what they give, and that’s absolutely all.
Not to mention the fact that perhaps they’d like nothing better than for the situation to be chronic, and one would be culpably stupid if one gave in to them on that.
For my taste, they make far too many enquiries about not only what I but you earn &c.
So let’s give them the slip. Without quarrelling.  2r:5
I’m still continuing this letter between times. Yesterday I began the portrait of the chief orderly, and perhaps I’ll also do his wife, for he’s married and lives in a little farmhouse a stone’s throw from the establishment.12
A most interesting figure. There’s a beautiful etching by Legros of an old Spanish nobleman, if you remember it that will give you an idea of the type.13 He was at the hospital in Marseille during 2 episodes of cholera,14 anyway he’s a man who has seen an enormous number of people die and suffer, and there’s an indefinable contemplation in his face, such that I can’t help recalling the face of Guizot – for there’s something of that one in this head – but different. But he’s a man of the people, and simpler. Anyway, you’ll see it if I succeed in it and if I do a repetition of it.
I’m struggling with all my energy to master my work, telling myself that if I win this it will be the best lightning conductor for the illness. I take great care of myself by carefully shutting myself away; it’s selfish if you like, not to become accustomed to my companions in misfortune here instead, and to go to see them, but anyway I feel none the worse for it, for my work is progressing and we have need of that, for it’s more than necessary that I do better than before, which wasn’t sufficient.
Isn’t it better that if I were to come back from here again, sooner or later, I come back decidedly capable of doing a portrait that has some character, than to come back as I left? It’s coarsely expressed, for I really feel that one can’t say ‘I can do a portrait’ without telling a lie, because that is infinite. But anyway you’ll understand what I want to say, that I must do better than before.
At the moment my mind is functioning regularly and I feel absolutely normal – and if I think rationally at present about my condition with the hope of having in general between the crises – if, unfortunately, it’s to be feared that this will always recur from time to time – of having periods of clarity and work between times – if I think rationally  2v:6 at present about my condition then certainly I tell myself that I mustn’t have the idée fixe of being ill. But that I must continue my little career as a painter firmly. To remain for good in an asylum from now on would probably be exaggerating things.
I was reading in Le Figaro a few days ago a story of a Russian writer who lived with a nervous illness from which he, moreover, sadly died, which caused him terrible attacks from time to time.
And what can one do, there’s no remedy, or if there is it’s to work passionately.15 I dwell on that more than I should. And all in all I prefer to have a proper illness like this than to be as I was in Paris when it was brewing.
Also you’ll see this when you put the portrait with the light background which I’ve just finished beside those I did of myself in Paris, that at present I look healthier than then, and even a great deal more so.16
I’m even inclined to believe that the portrait will tell you better than my letter how I am, and that it will reassure you – it cost me some trouble.
And then the reaper is working too I think – it’s very, very simple.
At the end of the month you can rely on 12 no. 30 canvases I dare say,17 but there will be almost the same ones twice, the study and the final painting.18
Anyway later – perhaps my journey into the south will bear fruit however, because the difference of the stronger light, the blue sky, that teaches one to see, and then above all and even only when one sees that for a long time.
The north will certainly appear completely new to me, but I’ve looked so much at the things that I’ve become strongly attached to them, and  2v:7 I’ll remain melancholy for a long time.
I’m thinking of a funny thing. Modern art is discussed in Manette Salomon, and some artist or other speaking of ‘what will remain’ says: what will remain are ‘the landscape artists’19 – that had a grain of truth, because Corot, Daubigny, Dupré, RousseauMillet as a landscape painter, that lasts, and when Corot says on his deathbed: in a dream I saw landscapes with completely pink skies, it was charming;20 then – very good – in Monet, Pissarro, Renoir we see those completely pink skies, so the landscape painters do last well, that was darned true. Let’s leave aside the figure painting of Delacroix, of Millet.
Afterwards, what are we beginning to glimpse timidly at the moment that is original and lasting – the portrait. That’s something old, one might say – but it’s also brand new. We’ll talk more about this – but let’s still continue to seek out portraits, above all of artists, like the Guillaumin and Guillaumin’s portrait of a young girl,21 and take good care of my portrait by Russell, which means a lot to me.22
Have you framed the Laval portrait, you haven’t told me what you thought of it I think, I found it marvellous, that gaze through the pince-nez, such an honest gaze.23
The will that I have to do portraits these days is terribly strong, anyway Gauguin and I used to chat about that and about similar questions in such a way as to stretch our nerves to the extinction of all vital warmth.
But out of that, however, a few good paintings must emerge I dare think, and we’re seeking them and they must, I imagine, be doing good work in Brittany. I’ve received a letter from G., I think I’ve already told you,24 and I’m very curious to see what they’re doing one day.  2r:8
I must ask you for the following painting items.

    10 metres canvas
Large  tubes  tubes  zinc white
,, ,, 2 ,, emerald green
    2 ,, cobalt
Small tubes      
    2 Carmine
    1 vermilion
Large tube crimson lake
6 fitch brushes,25 black hair.

[sketch A]

Then I’ve promised the orderly here an issue of Le Monde Illustré, Issue 1684, 6 July 1889, in which there’s a very pretty engraving after Demont-Breton.26
Phew – the reaper is finished, I think it will be one that you’ll place in your home – it’s an image of death as the great book of nature27 speaks to us about it – but what I sought is the ‘almost smiling’.28 It’s all yellow except for a line of violet hills – a pale, blond yellow. I myself find that funny, that I saw it like that through the iron bars of a cell.
Ah well, do you know what I hope for once I set myself to having some hope, it’s that the family will be for you what nature is for me, the mounds of earth, the grass, the yellow wheat, the peasant. That’s to say that you find in your love for people the wherewithal not only to work but the wherewithal to console you and restore you when one needs it. So please don’t let yourself be exhausted too much by business matters but take good care of yourselves, both of you – perhaps in a not-too-distant future there’s still some good.  3r:9
I really want to redo the reaper one more time for Mother, if not I’ll make her another painting for her birthday,29 that will come later, for I’ll send it with the rest.
For I’m sure that Mother would understand it – for it’s indeed as simple as one of those coarse wood engravings that one finds in country almanacs.
Send me the canvas as soon as you can, because I want to do some more repetitions for the sisters too, and if I undertake new autumnal effects I’ll have the wherewithal to fill my time from one end to the other for this month.
I’m eating and drinking like a wolf at present. I must say that the doctor30 is very kindly towards me.  3v:10
Yes, I think it’s a good idea to go and make a few paintings for Holland, for Mother and the two sisters that will make three, i.e. the reaper, the bedroom, the olive trees, wheatfield and cypress, that will make four even, for then I have yet another person for whom I’ll make one too.31 I’ll work on that with as much pleasure and more calm than for the Vingtistes, that goes without saying, since I’m feeling strong you can be sure that I’m going to try to get through a lot of work. I’m taking the best there are from 12 subjects, so they’ll still have things that are a little studied and chosen. And then there is good in working for people who don’t know what a painting is.
Good handshake to you and Jo.

Ever yours,
Vincent

 4r:11
I’m opening this letter once more to tell you that I’ve just seen Mr Peyron, I hadn’t seen him for 6 days. He tells me that he’s planning to go to Paris this month and that he’ll see you then. That gives me pleasure, for he has, there’s no doubt about it, a lot of experience, and I think he’ll tell you what he thinks of it quite frankly.
To me he only said – ‘let’s hope that it won’t recur’, but anyway I’m counting on it recurring for quite a long time, for a few years at least. But I’m also counting on the fact that work, far from being impossible for me, can go along steadily in the meantime, and is even my remedy. And so I say once more – excluding Mr Peyron the doctor absolutely – that as regards the management here we should probably be polite, but that we should limit ourselves to that but bind ourselves to nothing.
It’s very serious that wherever I were to stay here for a little longer I would perhaps come up against popular prejudices – I don’t even know what these prejudices are – which would make my life with them unbearable.
But anyway, I’m awaiting what Mr Peyron will say to you, myself I have no idea what his opinion is. I worked this afternoon on the portrait of the orderly, which is progressing. If it weren’t very much tempered – completely – by an intelligent gaze and an expression of kindness – he would be a real bird of prey. He really is a southern type.
I’m curious if Mr Peyron’s planned journey will indeed take place this time, I’m very curious to know what may come of it.  4v:12
With another year’s work, perhaps I’ll arrive at a feeling of self-security from the artistic point of view. And that’s always something worth seeking.
But for that I must have good luck. What I dream of in my best moments aren’t so much dazzling colour effects as the half-tones once again.
And certainly the visit to the Montpellier museum contributed to turning my thoughts in that direction. For what touched me there more than the magnificent Courbets, which are marvels, the young ladies of the village, the sleeping spinner32 – were the portraits of Bruyas by Delacroix and by Ricard,33 then the Daniel,34 Delacroix’s odalisques, all in half-tones. For these odalisques are something quite different from those in the Louvre.35 It’s above all purplish.
But in these half-tones what choice and what quality!
It’s time for me to send off this letter at last – I could tell you in two pages what it contains, i.e. nothing new. But anyway, I don’t have time to redo it.
Good handshake once again, and if it doesn’t put you out too much let me have the canvas as soon as possible.

Ever yours,
V.
notes
1. Theo had written to Vincent about the room he was renting from Tanguy; he eventually paid a total of 90 francs in rent (see letter 792, n. 12).
2. The painting The bedroom (F 482 / JH 1608 ) was damaged; see letter 776, n. 29. The repetition Van Gogh made of it is The bedroom (F 484 / JH 1771 ).
3. The painting was treated by J.C. Traas in 1932. In his report of the restoration, he observed that at some point the canvas had been very badly lined, ‘and a terrible mess had been made of the paint layer’. He attributed the widespread loss of paint (still evident) to that treatment. Traas provided the work with its present wax-resin lining, and restored the paint layer (Van Gogh Museum, Documentation, Invoice dated 31 January 1932).
4. Self-portrait (F 626 / JH 1770 ).
5. Self-portrait (F 627 / JH 1772 ).
6. Nostalgia (in this case homesickness) was sometimes referred to as the ‘Swiss illness’, because doctors first diagnosed such a pathological longing for one’s native country among Swiss soldiers in the seventeenth century.
7. This refers to the preface to Conscience’s Le conscrit, from which Van Gogh had already copied out the passage in question in letter 93.
8. Reaper (F 617 / JH 1753 ).
9. Van Gogh is probably referring to Sower with setting sun (F 450 / JH 1627 ), with which he previously compared the canvas of the reaper. See letter 784, n. 28.
10. Van Gogh was working on Reaper (F 618 / JH 1773 ), the repetition of the work mentioned in n. 8 above. See also n. 17 below.
11. For Delacroix’s ‘neither teeth nor breath’, taken from Silvestre, see letter 557, n. 6.
12. This portrait of the chief orderly, Charles-Elzéard Trabuc, is not known. Van Gogh gave it to Trabuc and made a repetition of it for Theo: Charles-Elzéard Trabuc (F 629 / JH 1774 ). See letter 801. The orderly’s wife was Jeanne Trabuc-Lafuye, whose portrait Van Gogh did in fact paint; see letter 805.
13. Alphonse Legros, Le Grand Espagnol (The tall Spaniard), etching made for Maîtres contemporains, by Edouard Lièvre, 2nd series, c. 1869 (Paris, Bibliothèque Nationale, Cabinet des Estampes). Ill. 1042 .
14. The last cholera epidemic in Marseille had been in 1884-1885.
15. Van Gogh must be referring to an item in the column ‘Lettre de Russie’ in the Le Figaro of 4 September 1889 about the death of the Russian journalist Andrey Alexandrovich Kraevsky: ‘Kraëwsky, the founder of the Russian political press, has passed away after a long cardiac illness, exacerbated by the emotional turmoil he had to endure in the last years of his life.’ (Kraëwsky, le fondateur de la presse politique en Russe, vient de s’éteindre après une longue maladie de coeur, qui a été aggravée par les émotions qu’il a eu à supporter pendant les dernières années de sa vie.) Van Gogh’s remark that the only thing to do was to ‘work passionately’ (l. 230) is presumably connected with the passage about Kraëwsky’s ‘long career as a relentless worker’ (longue carrière de travailleur acharné) (p. 4).
16. Van Gogh painted many self-portraits in Paris, but here he is most likely referring to Self-portrait as an artist (F 522 / JH 1356 ), made shortly before he left for Arles, which he compared with the face of death (see letter 626).
17. At the end of September, Van Gogh sent two consignments to Theo, containing altogether 17 no. 30 canvases. See letters 805 and 806.
18. In letter 806 Van Gogh wrote that he had painted the first version of the reaper (Reaper (F 617 / JH 1753 )) from nature and the second (Reaper (F 618 / JH 1773 )) in the studio. See also cat. Otterlo 2003, pp. 301-303. The second pair (in the order they were made) are Wheatfield and cypresses (F 717 / JH 1756 ) and Wheatfield and cypresses (F 615 / JH 1755 ).
19. Van Gogh is alluding to the passage in Goncourt’s Manette Salomon (1867), in which the painter Chassagnol, when asked ‘who will remain of the great painters?’, answers: ‘The landscapists ... the landscapists...’ See Goncourt 1996, chapter 35, p. 225. This novel, which takes place around 1840, describes the life of an artist as led by the four painters Bazoche, Coriolis, Chassagnol and Garnotelle, who work in Langibout’s studio and belong to the realistic Barbizon School. The model of the painter Coriolis, Manette Salomon, is a Jewish girl who eventually becomes the artist’s wife and the mother of his children.
20. For Corot’s utterance, see letter 611, n. 10.
21. Armand Guillaumin, Self-portrait with palette, 1878, and Portrait of a young woman (both Amsterdam, Van Gogh Museum). Ill. 2292 and Ill. 146 .
22. For Russell’s Vincent van Gogh , see letter 650, n. 6.
23. For Laval’s Self-portrait , see letter 719, n. 2.
24. Van Gogh had spoken of this letter from Gauguin in letter 797.
25. A fitch brush is a thin, fine brush. Such brushes are also made from hair other than fitch hair.
26. The engraving L’homme est en mer (The husband is at sea) by Charles Baude after the painting by Virginie Demont-Breton, which was exhibited at the 1889 Salon (present whereabouts unknown; formerly Minneapolis, Walker Art Gallery), appeared in Le Monde Illustré 33 (6 July 1889), p. 9. Ill. 2293 .
27. This expression refers to the idea, developed in the seventeenth century by theologians and natural scientists, that God gave humankind not one but two books: the Bible and the Book of Nature. Nature was thus considered to be a system consisting of references to God rather than arising from the interplay of natural laws.
28. Silvestre wrote this about the death of Delacroix in Eugène Delacroix. Documents nouveaux; see letter 526, n. 2.
29. Mrs van Gogh celebrated her 70th birthday on 10 September. At the end of September, Van Gogh painted a smaller version of the reaper for her: Reaper (F 619 / JH 1792 ). See letter 806.
30. Théophile Peyron.
31. Regarding the paintings Van Gogh made for his mother and Willemien, see letter 803, n. 4. Lies must be the second sister referred to here (see letter 798); his mention of ‘another person’ probably refers to Margot Begemann. In one of his letters to Willemien, he said that he would like to give Margot a painting (see letter 812).
32. For Courbet’s Female bathers and The sleeping spinner , see letter 726, nn. 22 and 23.
33. For the Alfred Bruyas by Delacroix and Alfred Bruyas by Ricard, see letter 726, nn. 2 and 3.
34. For Delacroix’s Daniel in the lions’ den , see letter 726, n. 21.
35. For Delacroix’s Algerian women in their apartments , see letter 726, n. 20. For the version in the Louvre, see letter 765, n. 15.